Société générale: Hausse des coûts liés à la guerre en Ukraine
05.05.2022 10:56
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Société Générale a annoncé jeudi une augmentation du niveau de ses provisions en raison de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui augmente le risque de non remboursement de certains crédits, une nouvelle illustration de la dégradation de la sit
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par Matthieu Protard
PARIS (Reuters) – Société Générale (EPA:SOGN) a publié jeudi des résultats trimestriels meilleurs qu’attendu mais a augmenté ses provisions sur créances afin de couvrir l’impact éventuel de la guerre en Ukraine sur ses clients.
La troisième banque française cotée a annoncé une hausse de 3,4% de son résultat net sur les trois premiers mois de l’année à 842 millions d’euros, pour un produit net bancaire de 7,281 milliards, en hausse de 16,6% grâce au dynamisme de ses activités de banque de détail et de marché.
Elle s’attend désormais à ce que son coût du risque, qui reflète les provisions pour créances douteuses, atteigne cette année 30 à 35 points de base, soit 1,7 à 1,9 milliard d’euros, alors qu’elle tablait auparavant sur un niveau inférieur à 30 points de base.
Ces coûts supplémentaires s’ajoutent aux dépréciations déjà annoncées, liées entre autre à la cession de sa filiale russe Rosbank, qui se traduira par des charges exceptionnelles d’environ 3,1 milliards d’euros.
Les bons résultats des activités de marché ont limité l’impact de ces éléments: les revenus des marchés actions ont en effet progressé de près de 20% sur janvier-mars, à plus d’un milliard d’euros et ceux de la division Taux, crédit et change affichent une croissance de 21,7%.
BNP Paribas (EPA:BNPP), principal rival du groupe en France, a fait état en début de semaine d’un bond de 60,9% de ses revenus de trading actions et d’une progression de 47,9% de ceux des activités de taux, devises et matières premières.
Les analystes de Jefferies ont salué les résultats de SocGen, qualifiés de « solides », en notant que toutes les divisions avaient dépassé les estimations.
La sortie de Russie a néanmoins réduit le coussin de fonds propres de la banque. Son ratio de fonds propres de base (CET1), un indicateur clé de la solidité du bilan, était en baisse à 12,9% à la fin mars.
« Le capital est légèrement en retrait », constate Jefferies.
SocGen avait annoncé le mois dernier sa sortie de Russie avec la vente de Rosbank à Interros Capital, une société liée à l’oligarque russe Vladimir Potanine.
Ce dernier contrôle notamment le géant minier Norilsk Nickel. Il a été sanctionné par le Canada dans le cadre de mesures de rétorsion prises par les Occidentaux à l’égard de responsables russes après l’invasion de l’Ukraine.
Les charges de 3,1 milliards d’euros liées aux activités russes de SocGen intègrent une dépréciation d’environ deux milliards de la valeur comptable des activités cédées de Rosbank. Les investisseurs avaient néanmoins accueilli la nouvelle de cette cession avec soulagement.
(Reportage Matthieu Protard, version française Jean-Michel Bélot, édité par Jean Terzian et Marc Angrand)