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Retraites : « Il ne faut pas lâcher », disent les syndicats à nouveau mobilisés

07.02.2023 13:54

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© Reuters. Un homme marche dans le la station de métro Arts et Métiers à Paris. /Photo prise le 6 février 2023/REUTERS/Gonzalo Fuentes

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) – Les Français étaient de nouveau mobilisés mardi contre le projet de réforme des retraites du gouvernement d’Elisabeth Borne, une journée aux allures de test pour les syndicats au lendemain du début de l’examen du texte à l’Assemblée nationale dans une ambiance tendue.

« Emmanuel Macron doit devenir raisonnable, il ne peut pas commander sur tout », a déclaré Jean-Luc Mélenchon lors d’un rassemblement devant la Gare de Lyon, à Paris. « Il essaie de commencer son quinquennat par un coup de force, il veut montrer qu’il est le patron », a estimé l’ancien dirigeant de La France insoumise (LFI), sur BFM TV.

Les perturbations dans les transports, notamment, sont un peu moins importantes que lors des deux précédentes journées de grèves, les 19 et 31 janvier, lors desquelles les autorités ont recensé plus d’un million de manifestants à travers la France et les syndicats plus de deux millions.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a cependant affirmé avant le départ du cortège parisien mardi que le nombre de manifestants se situait sur le plan national « au niveau du 19 janvier, si ce n’est plus ».

« Il ne faut pas lâcher », a-t-il insisté. « Emmanuel Macron en fait une affaire personnelle. Il se décrédibilise face aux citoyens de ce pays. Il essaie de faire peur à l’opinion. »

Philippe Martinez avait indiqué un peu plus tôt sur RTL (ETR:) que les syndicats feraient le point sur la mobilisation après les deux rendez-vous de la semaine, ce mardi et samedi.

« La prochaine étape, c’est clairement samedi prochain avec une mobilisation qu’on souhaite populaire, qu’on souhaite massive, qu’on souhaite festive », a souligné le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, présent au côté de son homologue de la CGT à la manifestation parisienne.

« C’est une folie démocratique de rester sourd » à cette contestation, a-t-il jugé.

TRANSPORTS FORTEMENT PERTURBÉS

Huit syndicats (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires) et cinq organisations de jeunesse ont appelé à dénoncer le texte, également contesté par l’ensemble des partis de gauche et le Rassemblement national. Le projet de réforme des retraites suscite, selon les sondages, l’opposition d’environ 70% des Français.

L’examen du projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale contenant la réforme des retraites, qui prévoit notamment un report de 62 à 64 ans de l’âge légal de départ, a commencé lundi dans l’hémicycle à l’Assemblée nationale.

L’issue des débats sur cette réforme impopulaire et cruciale pour le second quinquennat d’Emmanuel Macron est incertaine, alors que le camp présidentiel n’a pas la majorité absolue au Palais Bourbon (EPA:).

Le ministre du Travail, qui porte le texte, a répété mardi sur RMC que la réforme était « nécessaire ».

« Le système est déficitaire et si on tient au système, il faut le sauver », a argumenté Olivier Dussopt, tout en assurant ne pas être « dans le déni » face à l’ampleur de la mobilisation syndicale.

Sur ce front, le trafic est encore « fortement perturbé » à la SNCF et à la RATP. D’après le syndicat Sud-Rail, le taux de cheminots grévistes était à la mi-journée de 25% (36,5% le 31 janvier), avec un pic à 57% chez les conducteurs de train.

Dans le secteur de l’énergie, la mobilisation est importante dans plusieurs raffineries et dépôts de TotalEnergies, selon Force Ouvrière, qui a avancé des chiffres de 75 à 80% de grévistes à Flandres-Dunkerque, Feyzin et Donges, où l’expédition de produits pétroliers est d’après le syndicat interrompue pour 48 heures.

TAUX DE GRÉVISTES EN BAISSE

TotalEnergies, qui a annoncé un chiffre de 56% de grévistes parmi les salariés qui devaient prendre leur poste mardi matin dans l’ensemble de ses raffineries et dépôts, a confirmé que les expéditions au départ de ses sites en France étaient interrompues au moins ce mardi. Le groupe a toutefois assuré qu’il n’y avait pas de difficulté à attendre dans les stations-service.

Chez EDF (EPA:), il y avait 30,3% de grévistes à la mi-journée, dix points de moins que la semaine dernière, selon les chiffres de la direction.

Comme lors des deux premières journées de contestation, le mouvement de grève touche aussi l’enseignement où le taux de grévistes était cependant en baisse par rapport au 31 janvier, selon les chiffres communiqués à la mi-journée par le ministère de l’Education nationale, qui a fait état d’une moyenne de 12,87% contre 23,52% la semaine dernière (14,17% chez les enseignants, contre 25,92%).

Plusieurs facultés, comme Rennes 2 et le campus de Tolbiac à Paris, ont par ailleurs été bloquées. Le député LFI Louis Boyard a avancé sur Twitter (NYSE:) les chiffres de « 15 facs bloquées, 200 lycées mobilisés » dans toute la France.

L’intersyndicale doit se réunir mardi soir pour faire le point, alors qu’une nouvelle journée de mobilisation a déjà été annoncée pour samedi, jour de départ en vacances d’hiver pour une partie des Français. Les syndicats de la SNCF n’appellent pas à cesser le travail mais encouragent toutefois les cheminots à manifester.

(Reportage d’Elizabeth Pineau, avec Tangi Salaün, Bertrand Boucey, Benjamin Mallet et Dominique Vidalon, édité par Kate Entringer et Blandine Hénault)

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