Renault: Volumes au plus bas de 13 ans, le chiffre d’affaires résiste
22.04.2022 09:39
Renault a fait état vendredi d’une chute de 17,1% de ses ventes en volume au premier trimestre à cause des pénuries de semi-conducteurs et de la perte de son deuxième marché, la Russie, où il a suspendu ses activités en mars en raison de la guerre
par Gilles Guillaume
PARIS (Reuters) – Renault (EPA:RENA) a fait état vendredi de ventes en volume au plus bas de treize ans au premier trimestre à cause notamment des pénuries de semi-conducteurs et de la perte de son deuxième marché, la Russie, où il a suspendu ses activités en mars en raison de la guerre en Ukraine.
Le groupe au losange, dont les ventes en volume ont chuté de 17,1% à 552.000 unités sur la période, a néanmoins partiellement compensé cette baisse avec les prix de vente plus élevés de ses nouveaux modèles, ce qui a limité à 2,7% le recul de son chiffre d’affaires, à 9,7 milliards d’euros, sur le trimestre écoulé.
« La création de valeur est au coeur de la stratégie de Renault Group et se reflète dans l’activité du 1er trimestre 2022 », a dit le nouveau directeur financier Thierry Piéton cité dans un communiqué. « Le portefeuille de commandes, à un niveau record, se renforce et bénéficie de nos gammes prometteuses et compétitives de nouveaux véhicules. »
Les difficultés d’approvisionnement en semi-conducteurs contribuent aussi à allonger les délais de fabrication et de livraison. Le constructeur a confirmé son estimation d’une perte totale de production de 300.000 véhicules à cause des puces, principalement au premier semestre, contre -500.000 l’an dernier.
Il faut remonter au premier trimestre 2009, en pleine crise automobile liée à la faillite de la banque Lehman, pour retrouver des ventes unitaires aussi basses (495.000 véhicules), à une époque où les ventes de Lada n’étaient pas encore consolidées.
Tournant le dos à l’ambitieuse stratégie de volumes qui a marqué l’ère de son prédécesseur Carlos Ghosn, le directeur général Luca de Meo a recentré Renault sur ses modèles et ses marchés les plus rentables afin de redresser la situation financière du groupe.
Renault doit aussi présenter à l’automne son projet de séparation entre ses activités électriques et thermiques afin de se présenter davantage comme un « pure player » de l’électrique. Les ventes de ces véhicules de la marque Renault en Europe pesaient au premier trimestre pas mois de 36% de ses ventes de voitures, en avance sur le marché.
L’impact de la Russie, où Renault a suspendu fin mars son activité à Moscou et engagé une réflexion sur l’avenir de sa participation dans Avtovaz, devrait davantage se faire sentir au deuxième trimestre, même si le premier groupe automobile russe dont il est actionnaire de contrôle doit reprendre lundi sa production, au moins pour quelques jours, après la fin d’une période de congés.
Sur les trois premiers mois de l’année, Renault a perdu environ 38.000 ventes en Russie, soit 166 millions d’euros de chiffre d’affaires, mais le pays était encore son deuxième marché derrière la France.
(Avec Nick Carey à Londres, édité par Matthieu Protard)