Les Serbes du Kosovo affrontent la police sur fond de tensions ethniques
12.12.2022 08:58
[ad_1]
© Reuters. La police du Kosovo patrouille sur le pont de la ville ethniquement divisée de Mitrovica, Kosovo. /Photo prise 11 décembre 2022/REUTERS/Florion Goga
par Fatos Bytyci
MITROVICA (Reuters) – Des manifestants serbes du nord du Kosovo ont procédé dimanche à des blocages routiers pour la deuxième journée consécutive à la suite d’échanges de tirs nocturnes avec la police, consécutifs à l’arrestation d’un ancien officier serbe, dans un contexte de tensions croissantes entre les autorités et la minorité serbe du pays.
Les Serbes du nord du Kosovo, qu’ils considèrent comme faisant partie de la Serbie, ont opposé ces dernières semaines une violente résistance aux mesures prises par Pristina, jugées anti-serbes.
Eulex, la mission de l’Union européenne chargée de patrouiller dans le nord du Kosovo, a déclaré qu’une grenade assourdissante avait été lancée sur l’un de ses véhicules blindés samedi soir, mais que personne n’avait été blessé.
Josep Borrell, chef de la politique étrangère de l’UE, a prévenu que l’Union ne tolérerait pas de violences contre les membres de sa mission. « Les barricades doivent être retirées immédiatement par les groupes de Serbes du Kosovo. Le calme doit être rétabli », a-t-il écrit sur Twitter (NYSE:).
Les derniers heurts ont été déclenchés par l’arrestation d’un ancien officier de police, samedi. La police a été confrontée à une vague de démissions massive de Serbes le mois dernier après que Pristina a déclaré qu’elle exigerait le retrait des plaques d’immatriculation serbes datant d’avant la guerre du Kosovo de 1998-1999, qui a conduit à l’indépendance.
Dimanche, pour la deuxième journée, des camions et d’autres véhicules utilitaires lourds ont bloqué plusieurs routes principales menant à deux postes-frontières avec la Serbie. Les deux points de passage ont été fermés à la circulation.
« Les États-Unis expriment leur profonde préoccupation quant à la situation actuelle dans le nord du Kosovo », ont déclaré les ambassades américaines à Belgrade et à Pristina dans un communiqué.
« Nous appelons tout le monde à faire preuve de la plus grande retenue, à prendre des mesures immédiates pour parvenir à une désescalade de la situation, et à s’abstenir de tout acte de provocation. »
« LA RÉPUBLIQUE DU KOSOVO SE DÉFENDRA »
Le Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, a demandé à la mission de l’Otan, la KFOR, de retirer les barricades.
« Nous demandons à la KFOR de garantir la liberté de circulation (…). La KFOR demande plus de temps pour terminer cela (…) donc nous attendons », a-t-il déclaré.
Tard dans la journée de samedi, la police du Kosovo a dit avoir essuyé des tirs près d’un lac bordant la Serbie. Elle a ajouté que ses officiers avaient dû riposter car ils se trouvaient en situation de légitime défense. Aucun blessé n’a été signalé.
Le Kosovo a pris son indépendance vis-à-vis de la Serbie en 2008 avec le soutien de l’Occident après la guerre de 1998-1999, au cours de laquelle l’Otan est intervenue pour protéger le Kosovo à majorité albanaise.
Les maires serbes des municipalités du nord du Kosovo, ainsi que les juges locaux et quelque 600 policiers, ont démissionné le mois dernier pour protester contre la décision du gouvernement de remplacer les plaques d’immatriculation délivrées par Belgrade par celles de Pristina.
La police de Pristina a déclaré que l’ancien policier, Dejan Pantic, avait été arrêté après avoir attaqué des bureaux de l’État, de la commission électorale, ainsi que des policiers et des agents électoraux.
Le président serbe Aleksandar Vucic a présidé une réunion du Conseil national de sécurité dimanche. « J’appelle les Serbes à rester calmes. Les attaques contre la KFOR et Eulex ne doivent pas se produire », a-t-il déclaré à la télévision nationale RTS.
Samedi, Aleksandar Vucic a indiqué que Belgrade demanderait à la KFOR de laisser la Serbie déployer des troupes et des policiers au Kosovo, mais a reconnu qu’il n’y avait aucune chance que l’autorisation soit accordée.
« Nous ne cherchons pas le conflit, mais le dialogue et la paix. Mais laissez-moi être clair : la République du Kosovo se défendra – avec force et détermination », a déclaré Albin Kurti en réponse au président serbe.
Le Kosovo et la Serbie sont en pourparlers à Bruxelles pour tenter de normaliser leurs relations, ce qui a déjà fait l’objet d’un plan de l’UE.
(Avec Aleksandar Vasovic, Florion Goga et Ognen Teofilovski, version française Benjamin Mallet)
[ad_2]
Source link