Les craintes sur le gaz russe, l’Ukraine et l’Italie font plier les actions
20.07.2022 21:55
Les Bourses européennes ont clôturé dans le rouge mercredi. À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,27%. Le Footsie britannique a reculé de son côté de 0,44% et le Dax allemand a cédé 0,2%. /Photo d’archives/REUTERS/Toby Melville
par Juliette Portala
(Reuters) – Les Bourses européennes ont clôturé dans le rouge mercredi en raison des préoccupations liées à l’approvisionnement du Vieux continent en gaz russe, à l’évolution de la guerre en Ukraine et à la crise politique en Italie.
À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,27% à 6.184,66 points. Le Footsie britannique a reculé de son côté de 0,44% et le Dax allemand a cédé 0,2%.
L’indice EuroStoxx 50 0,06%, le FTSEurofirst 300 0,32% et le Stoxx 600 0,21%.
Les Bourses européennes profitaient encore dans la matinée d’une information de Reuters sur la reprise prévue jeudi des flux de gaz russe passant par le Nord Stream 1 mais la proposition de Bruxelles faite aux pays de l’Union européenne de réduire temporairement leur consommation de gaz face aux craintes d’un arrêt des livraisons de la Russie a jeté un froid.
Les déclarations offensives du ministre russe des Affaires étrangères sur les nouveaux objectifs territoriaux de Moscou en Ukraine ont par ailleurs renforcé la perspective d’une guerre encore plus longue, avec les répercussions économiques que cela implique.
« Les craintes semblent refaire surface au sujet de l’approvisionnement en gaz de l’Europe et de la possibilité d’une profonde récession dans la région. Ce sentiment négatif a permis aux valeurs refuges de reprendre le dessus », a déclaré Stuart Cole, macroéconomiste en chef chez Equiti Capital.
Autre facteur d’incertitude, le président du Conseil italien Mario Draghi affronte un vote de confiance des sénateurs, laissant ainsi toujours planer la menace d’une démission de l’ancien patron de la Banque centrale européenne. Le résultat du vote est attendu vers 17h30 GMT.
La Bourse de Milan a sous-performé les autres grands indices européens en perdant 1,6%.
VALEURS
En Bourse, Carrefour (EPA:CARR) a gagné 0,68% à la faveur de la cession de 60% de son activité à Taïwan à Uni-President.
À Amsterdam, la société de livraison de repas Just Eat (LON:JE) Takeaway a bondi de 9,07% après l’annonce de la suppression de 390 emplois en France, ce qui devrait étayer la confiance des investisseurs dans l’évolution du groupe vers la rentabilité, selon Andrew Porteous, analyste chez HSBC (LON:HSBA).
Grand perdant de l’indice AEX, le fabricant néerlandais de peintures et de revêtements AkzoNobel (AS:AKZO) a cédé 1,36% après avoir fait état d’un bénéfice trimestriel plus faible que prévu.
En Allemagne, Uniper s’est octroyé 12,69% en réaction à des informations selon lesquelles l’Etat allemand prévoit de prendre une participation de 30% au capital du fournisseur d’énergie et de l’autoriser à répercuter certains coûts sur ses clients.
À WALL STREET
Au moment de la clôture européenne, la Bourse de New York était en hausse soutenue par des résultats d’entreprises: l’indice Dow Jones prenait 0,13%, le Standard & Poor’s 500 0,67% et le Nasdaq 1,61%.
Netflix (NASDAQ:NFLX) grimpait de 5,5% après avoir dit tabler sur un redressement du nombre d’abonnés sur sa plate-forme de streaming pour le trimestre en cours. Les autres géants du numérique comme Apple (NASDAQ:AAPL) et Meta (NASDAQ:META) prenaient 1,43% et 2,8% respectivement.
« À l’heure actuelle, les investisseurs semblent plus disposés à récompenser qu’à punir, le sentiment des traders étant déjà empreint de pessimisme », a déclaré Steve Sosnick, stratège chez Interactive Brokers.
LES INDICATEURS DU JOUR
Au chapitre macroéconomique, la hausse des prix à la consommation au Royaume-Uni atteint 9,4% sur un an en juin, un plus haut depuis 1982, montrent les statistiques officielles.
Eux États-Unis, les reventes de logements ont baissé en juin pour le cinquième mois consécutif, à 5,12 millions, un plus bas depuis deux ans en raison des prix immobiliers record et de la remontée rapide des taux d’intérêt.
CHANGES
Sur le marché des changes, l’euro recule de 0,15% à 1,0209 dollar face aux craintes d’une grave crise de l’énergie en Europe.
La monnaie unique a pris plus de 3% sur les quatre dernières séances à la perspective d’une hausse de taux plus importante que prévu de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi.
Le dollar reprend 0,12% face à un panier de devises internationales.
TAUX
Du côté de l’obligataire, le taux du BTP à dix ans a fini en hausse autour de 3,49%, les acteurs du marché craignant la démission de Mario Draghi de son poste de président du Conseil s’il n’obtient pas la confiance des parlementaires italiens.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a fini en baisse d’environ deux points de base à 1,25%.
Aux États-Unis, le dix ans grappille un point de base à 3,034%.
PÉTROLE
Les cours du pétrole reculent, les données de l’Agence américaine d’information sur l’énergie ayant montré une baisse de la demande d’essence la semaine.
Le baril de Brent cède 0,49% à 106,82 dollars le baril et celui du brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 0,67% à 103,52 dollars.
(Rédigé par Juliette Portala, édité par Laetitia Volga)