Le Niger débat du redéploiement de forces spéciales européennes
22.04.2022 17:11
Le président du Niger, Mohamed Bazoum. Le Parlement du Niger débattait vendredi d’un projet de loi autorisant le redéploiement sur son territoire de forces spéciales européennes jusqu’alors basées au Mali pour lutter contre les groupes djihadistes a
NIAMEY (Reuters) – Le Parlement du Niger débattait vendredi d’un projet de loi autorisant le redéploiement sur son territoire de forces spéciales européennes jusqu’alors basées au Mali pour lutter contre les groupes djihadistes au Sahel.
Le président Mohamed Bazoum a donné en février son accord de principe au déploiement de davantage de soldats européens sur son sol, après l’annonce de leur retrait du Mali en raison du rapprochement entre la junte au pouvoir à Bamako et la Russie, mais cette initiative n’est pas du goût de tous les élus, dont certains rejettent l’influence occidentale.
Quelque 2.400 soldats français de l’opération Barkhane et 900 forces spéciales européennes de la force Takuba doivent quitter le Mali dans les prochains mois, Paris souhaitant en redéployer une partie vers le Niger ou des pays du Golfe de Guinée comme le Bénin, le Ghana et la Côte d’Ivoire pour continuer la lutte contre les groupes djihadistes.
Le projet de loi soumis au Parlement nigérien prévoit un renforcement des forces européennes déployées le long de la frontière avec le Mali, dont les activités de renseignement et le soutien aérien sont indispensables aux troupes nigériennes qui combattent sur le terrain, a déclaré un élu du parti au pouvoir, Daouda Mamadou, avant le débat.
Le texte, approuvé le 4 mars en conseil des ministres, devrait être soumis au vote d’ici à la fin de la journée.
Le parti au pouvoir disposant d’une large majorité de 135 sièges sur 166, la loi devrait être adoptée sans difficulté, mais cela ne devrait pas calmer la colère d’une partie de l’opposition et de la société civile qui dénoncent l’influence croissante des forces étrangères et particulièrement de la France dans son ancienne colonie.
En novembre, des manifestants avaient bloqué un convoi de l’armée française qui se rendait de Côte d’Ivoire au Mali, provoquant des incidents qui avaient fait au moins deux morts et plus d’une dizaine de blessés.
« Les Etats sahéliens sont capables de mettre en place leurs propres mécanismes de sécurité », a déclaré Abdoulaye Seydou, une figure de la société civile, selon lequel l’adoption de la loi violerait la souveraineté du Niger.
(Boureima Balima et Moussa Aksar, version française Tangi Salaün)