« Je me suis trompé sur Poutine », dit le président allemand
04.04.2022 21:32
Longtemps partisan du rapprochement entre l’Occident et la Russie, le président allemand Frank-Walter Steinmeier (photo) a admis lundi s’être trompé en défendant des années durant le projet de gazoduc Nord Stream 2. /Photo d’archives/REUTERS/Ints Kal
BERLIN (Reuters) – Longtemps partisan du rapprochement entre l’Occident et la Russie, le président allemand Frank-Walter Steinmeier a admis lundi nourrir des regrets et s’être trompé en défendant des années durant le projet de gazoduc Nord Stream 2 qui devait relier la Russie à l’Allemagne.
Membre du Parti social-démocrate (SPD), dont est également issu le chancelier Olaf Scholz, Frank-Walter Steinmeier fut l’un des ministres des Affaires étrangères d’Angela Merkel avant d’accéder à la présidence, fonction essentiellement honorifique en Allemagne.
L’invasion de l’Ukraine montre qu’il a eu tort et qu’il faut le reconnaître, a dit le chef d’Etat.
« Mon adhésion à Nord Stream 2 était clairement une erreur », a-t-il dit. « Nous avons choisi une voie à laquelle la Russie ne croit plus et contre laquelle certains de nos partenaires nous avaient mis en garde. »
Voix respectée au sein du SPD, Frank-Walter Steinmeier a longtemps défendu, comme l’ancien chancelier Gerhard Schröder, l’idée selon laquelle le rapprochement économique avec Moscou permettrait d’arrimer la Russie à un système économique mondial orienté vers l’Ouest.
Au centre de cette stratégie, figurait la construction du gazoduc Nord Stream 2 privant l’Ukraine de son statut de pays de transit. Le soutien passé du président allemand à ce projet se retourne aujourd’hui contre lui, notamment avec la diffusion sur les réseaux sociaux de photos le montrant aux côtés de caciques du régime de Vladimir Poutine.
« Nous avons échoué dans notre projet de construire une maison commune européenne », a dit Frank-Walter Steinmeier. « Je ne pensais pas que Poutine s’accommoderait de la débâcle économique, politique et moral de son pays pour nourrir son incroyable folie. »
« En ça, comme d’autres, je me suis trompé. »
(Reportage Andreas Rinke; version française Nicolas Delame)