Italie: La droite refuse de gouverner à nouveau avec le M5S
19.07.2022 21:01
Les partis conservateurs membres de la coalition au pouvoir en Italie ont écarté mardi l’hypothèse de continuer de gouverner avec le Mouvement 5-Etoiles (M5S), compliquant les efforts destinés à maintenir à flot l’administration de Mario Draghi. /Ph
par Crispian Balmer et Angelo Amante
ROME (Reuters) – Les partis conservateurs membres de la coalition au pouvoir en Italie ont écarté mardi l’hypothèse de continuer de gouverner avec le Mouvement 5-Etoiles (M5S), compliquant les efforts destinés à maintenir à flot l’administration de Mario Draghi.
Mario Draghi a remis la semaine dernière sa démission après que le M5S a refusé de prendre part à un vote de confiance au Parlement demandé par l’exécutif pour accélérer l’examen d’un texte prévoyant quelque 23 milliards d’euros d’aides aux ménages et aux entreprises face à l’inflation.
Le président de la République, Sergio Mattarella, a refusé la démission de Mario Draghi, demandant à l’ancien patron de la Banque centrale européenne (BCE) de s’exprimer mercredi devant le Parlement, dans l’espoir de trouver un consensus pour éviter des élections anticipées, sur fond de tumultes internationaux et de problèmes économiques.
Mario Draghi n’a fait aucun commentaire public depuis le communiqué de Sergio Mattarella. On ne sait s’il est toujours déterminé à quitter la présidence du Conseil italien ou disposé à changer d’avis.
Mario Draghi doit s’exprimer mercredi à 07h30 GMT devant le Sénat, en amont d’un vote prévu à 17h30 GMT, tandis qu’un débat est également prévu le lendemain à la chambre basse. Une démission à tout moment n’est toutefois pas impossible.
S’il dispose de suffisamment d’appuis au Parlement pour gouverner sans le M5S, Mario Draghi a dit exclure cette hypothèse. D’après une source dans ses services, il attend de savoir si le parti anti-système dirigé par l’ancien chef du gouvernement Giuseppe Conte va revenir dans le rang.
Giuseppe Conte a fait savoir qu’il attendait un signe de la part de Mario Draghi indiquant que ce dernier était disposé à mettre en oeuvre certaines des priorités politiques du M5S – comme le salaire minimum – pour renouveler son soutien à l’exécutif.
Mais la Ligue et Forza Italia ont indiqué ne plus vouloir partager le pouvoir avec le M5S, ouvrant la voie à des élections anticipées à l’automne.
« Le parti n’est pas disposé à continuer de travailler avec le peu fiable M5S », a dit la Ligue à l’issue d’une réunion entre son chef de file Matteo Salvini et des élus de haut rang.
Les multiples réunions organisées ces derniers jours par le M5S pour déterminer sa stratégie ont mis en exergue de profondes divisions internes qui pourraient être étalées publiquement mercredi au Parlement après le discours de Mario Draghi.
D’après la presse locale, Mario Draghi pourrait toutefois accepter de rester à la tête du gouvernement s’il reçoit le soutien d’un grand nombre d’élus du M5S, même si Giuseppe Conte ne fait pas partie de ceux-ci.
Il a appelé la semaine dernière à l’unité au sein de la coalition en place à Rome depuis dix-huit mois.
(Reportage Crispian Balmer et Angelo Amante, avec Giuseppe Fonte et Giselda Vagnoni; version française Jean Terzian)