France: L’économie devrait ralentir jusqu’à stagner fin 2022, selon l’Insee
07.09.2022 16:28
La croissance de l’économie française devrait ralentir au point de devenir nulle en fin d’année sur fond d’inquiétude pour les approvisionnements en énergie du pays, déclare l’Insee mercredi dans son point de conjoncture. /Photo d’archives/REUTERS/B
PARIS (Reuters) – La croissance de l’économie française devrait ralentir au point de devenir nulle en fin d’année sur fond d’inquiétude pour les approvisionnements en énergie du pays, déclare l’Insee mercredi dans son point de conjoncture.
La croissance du produit intérieur brut (PIB) de la France, deuxième économie de la zone euro, devrait passer de 0,5% au deuxième trimestre à 0,2% au troisième avant de tomber à zéro sur les trois derniers mois de l’année, prévoit l’institut national de la statistique.
Ces chiffres sont inférieurs aux précédentes prévisions de l’Insee concernant les deux derniers trimestres de l’année, pour chacun desquels il attendait auparavant une croissance de 0,3%.
L’Insee n’exclut même pas une contraction de l’activité au dernier trimestre « en cas d’accroissement des difficultés d’approvisionnement énergétique en Europe », alors que la Russie réduit presque à néant ses livraisons de gaz face aux sanctions occidentales liées au conflit en Ukraine.
L’institut prévoit toutefois désormais une croissance de 2,6% sur l’ensemble de l’année, soit un rythme plus élevé que les 2,3% prévus en juin avant l’annonce d’une activité plus dynamique que prévu au deuxième trimestre.
Une telle croissance serait légèrement supérieure à la prévision de 2,5% sur laquelle le gouvernement a bâti son budget dans le dernier projet de loi de finances rectificative présenté en juillet.
L’acquis de croissance pour 2023 serait « relativement modeste », de l’ordre de 0,2%.
En ce qui concerne l’évolution des prix, l’Insee s’attend à une nouvelle accélération de l’inflation, qui passerait de 5,8% en glissement annuel en août à 6,6% en décembre.
Cette accélération serait toutefois un peu moins forte que dans la précédente prévision en juin, qui tablait sur une inflation à 6,8% en décembre.
Les différentes mesures gouvernementales adoptées durant l’été, de la revalorisation de diverses prestations sociales aux plafonnements des prix de l’énergie en passant par les remises sur le prix de l’essence, devraient contribuer à un rebond du pouvoir d’achat des ménages au second semestre, après une contraction sur les six premiers mois de l’année.
(Reportage Leigh Thomas, version française Bertrand Boucey, édité par Jean-Stéphane Brosse)