France: Journée décisive pour la réforme des retraites, suspense à l’Assemblée nationale
16.03.2023 15:01
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© Reuters. Les députés lors d’un débat sur le plan de réforme des retraites à l’Assemblée nationale à Paris France. /Photo prise le 17 février 2023/REUTERS/Sarah Meyssonnier
par Blandine Henault
PARIS (Reuters) – La réforme des retraites défendue par le gouvernement a franchi une première étape jeudi au Sénat, où elle a été sans surprise largement adoptée avant un vote à l’Assemblée nationale qui s’annonce beaucoup plus périlleux pour l’exécutif.
C’est maintenant au tour des députés de débattre à partir de 15h00 du texte de compromis sur lequel s’est accordée la veille la commission mixte paritaire (CMP), et qui prévoit toujours le report de l’âge légal du départ à la retraite de 62 ans à 64 ans – une mesure cristallisant les oppositions depuis la présentation du projet en janvier.
La chambre haute du Parlement s’est prononcée par 193 voix pour et 114 voix contre sur ce projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale, une majorité très nette grâce aux voix de la droite et du centre, mais deux voix de moins que lors du vote en première lecture le 11 mars.
L’issue des débats apparaît en revanche très incertaine au Palais Bourbon (EPA:), où l’examen du projet de loi n’avait pas pu aboutir en première lecture en raison de débats houleux et des très nombreux amendements déposés par l’opposition.
« Si tous les députés qui sont d’accord avec cette réforme votent, il y a une majorité », a assuré le ministre du Travail Olivier Dussopt après le vote du Sénat. « Nous sommes déterminés à construire cette majorité. C’est l’objectif et l’engagement des prochaines heures », a-t-il ajouté.
Le gouvernement ne dispose pas de la majorité absolue et cherche des voix du côté des députés Les Républicains (LR), qui apparaissent divisés sur le texte.
L’exécutif doit donc choisir entre le risque d’un vote et le recours controversé à l’article 49.3 de la Constitution permettant une adoption sans vote.
A l’Elysée, Emmanuel Macron a réuni dans la matinée puis à nouveau à la mi-journée plusieurs membres du gouvernement, dont la Première ministre Elisabeth Borne, ainsi que les chefs des groupes parlementaires et des partis de la majorité présidentielle.
« Rien n’a été acté » concernant le recours au 49.3, a dit à Reuters une participante présente à la réunion.
« VOTE TRÈS RISQUÉ »
A l’issue de la CMP et d’une réunion mercredi dans la soirée des Républicains, plusieurs députés LR hésitants ont fait savoir à Reuters qu’ils envisageaient de voter pour le texte ou de s’abstenir.
Sur Public Sénat, le président du groupe Les Républicains au Sénat a évoqué jeudi « 30 [députés] pour et une vingtaine contre ».
« Ces chiffres me laissent penser qu’aujourd’hui un vote en se passant du 49.3 est un votre très très très risqué », a-t-il dit.
Des dizaines de cars de CRS étaient stationnés devant l’Assemblée nationale, signe de la tension autour des débats parlementaires et de l’éventuel recours à un 49.3 que les syndicats ont déjà dénoncé comme un « vice-démocratique » susceptible d’aggraver le mécontentement social.
« Le vote de ce jour a un rôle crucial pour stopper cette réforme profondément injuste et déconnectée de la réalité du travail », a déclaré François Hommeril, président du CFE-CGC, lisant une déclaration de l’intersyndicale devant le Palais Bourbon aux côtés des représentants des autres syndicats.
« Mesdames et messieurs les députés, nous vous demandons solennellement de voter contre le projet de réforme des retraites », a-t-il ajouté.
L’intersyndicale doit se réunir dans la soirée après l’issue de la séance à l’Assemblée nationale pour décider des suites à donner au mouvement de contestation.
De son côté, la CGT a déjà appelé à poursuivre la mobilisation quel que soit le résultat du débat parlementaire.
« Il faut que les mobilisations et les grèves s’amplifient, pas question de laisser tomber à l’issue d’un vote qui serait favorable », a déclaré son secrétaire général Philippe Martinez devant l’Assemblée nationale.
(Rédigé par Blandine Hénault, avec la contribution d’Elizabeth Pineau et Jean-Stéphane Brosse, édité par Kate Entringer)
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