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Des hackers russes à l’origine de « fuites » sur le Brexit, selon Google

25.05.2022 20:04

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Un nouveau site internet ayant publié des courriels privés de plusieurs éminents partisans de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est lié à des pirates informatiques russes, selon un représentant de la sécurité de Google et un ancien c

par Raphael Satter, James Pearson (LON:PSON) et Christopher Bing

WASHINGTON/LONDRES (Reuters) – Un nouveau site internet ayant publié des courriels privés de plusieurs éminents partisans de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est lié à des pirates informatiques russes, selon un représentant de la sécurité de Google (NASDAQ:GOOGL) et un ancien chef du renseignement britannique.

Dénommé « Very English Coop d’Etat », le site internet revendique s’être procuré et avoir publié des emails privés de l’ancien patron du renseignement britannique Richard Dearlove, de l’activiste pro-Brexit Gisela Stuart, de l’historien pro-Brexit Robert Toombs ainsi que d’autres partisans de la sortie de l’UE.

Selon le site internet, ces personnalités comptent parmi les membres d’un groupe favorable à un divorce « dur » entre le Royaume-Uni et le bloc communautaire qui serait secrètement aux commandes du pays.

Reuters n’a pas pu vérifier dans l’immédiat l’authenticité des emails publiés.

Toutefois deux personnalités dont les courriels ont « fuité » ont confirmé mercredi avoir été la cible de pirates informatiques russes et ont attribué à Moscou l’origine de ces attaques.

« Je suis bien conscient d’une opération russe contre un compte Proton contenant des emails dont je suis le destinataire et l’émetteur », a déclaré Richard Dearlove en référence au service de messagerie ProtonMail, lequel met en avant la protection de la vie privée de ses utilisateurs.

Richard Dearlove, qui fut à la tête du service britannique du renseignement extérieur – le « MI6 » – de 1999 à 2004, a dit à Reuters qu’il fallait traiter les éléments publiés par le site avec précaution du fait « du contexte de la crise actuelle dans les relations avec la Russie ».

Robert Toombs a fait savoir pour sa part via un courriel que ses collègues et lui étaient « informés d’une désinformation russe fondée sur un piratage illégal ». Il a refusé d’en dire davantage.

Aucun commentaire n’a pu être obtenu par courriel auprès de Gisela Stuart, à la tête d’une campagne de vote pro-Brexit en 2016.

Shane Huntley, qui dirige le groupe d’analyse de menaces chez Google, a déclaré à Reuters que le site internet « English Coop » était lié à un groupe de pirates informatiques russes que Google identifie comme « Cold River ».

Des « indicateurs techniques » ont permis au géant technologique de déterminer ce lien, a-t-il indiqué, évoquant à la fois l’opération de piratage et la publication des données obtenues.

Les ambassades russes à Londres et à Washington n’ont pas répondu à des demandes de commentaire.

Le ministère britannique des Affaires étrangères, qui gère les questions de la presse destinées au MI6, s’est refusé à tout commentaire.

D’autres partisans du Brexit dont les courriels auraient été piratés n’ont pas non plus répondu à des demandes de commentaire envoyées par courriel.

(Reportage Raphael Satter et Christopher Bing à Washington, James Pearson à Londres; version française Jean Terzian, édité par Jean-Michel Bélot)

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