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Airbus et Qatar Airways au tribunal pour leur différend sur l’A321neo

26.04.2022 10:00

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La Haute cour de justice de Londres doit se prononcer mardi sur le litige opposant Airbus et Qatar Airways à propos d’un contrat portant sur 50 appareils A321neo, une décision qui aura d’importantes répercussions financières. /Photo d’archives/REUTERS

par Tim Hepher

LONDRES (Reuters) – La Haute cour de justice de Londres doit se prononcer mardi sur le litige opposant Airbus (EPA:AIR) et Qatar Airways à propos d’un contrat portant sur 50 appareils A321neo, une décision qui aura d’importantes répercussions financières.

Airbus a annulé en janvier dernier une commande de plusieurs milliards de dollars passée par Qatar Airways pour 50 A321neo en représailles au refus de la compagnie aérienne de prendre livraison de nouveaux A350 dans le cadre d’un différend distinct.

La décision du constructeur aéronautique européen de rompre ce contrat a alarmé certaines compagnies aériennes, l’Association internationale du transport aérien disant considérer ce développement comme « inquiétant » dans un pan du marché dominé par Airbus.

Pour justifier sa démarche, Airbus a mis en avant une clause dite de « manquement croisé » figurant dans les contrats et qui l’autorise selon lui à se désengager d’un contrat quand l’autre n’est pas respecté par une compagnie aérienne.

Le groupe européen accuse Qatar Airways, son principal client pour le A350, de citer des motifs de sécurité non valables dans le but de ne pas prendre livraison de ces appareils dans une période de faible demande.

De son côté, Qatar Airways se dit dans son bon droit en n’acceptant pas la livraison des A350 pour des raisons de sécurité et rejette l’application de la clause de manquement croisé.

La compagnie aérienne explique que son autorité de tutelle nationale lui a ordonné de cesser de faire voler les 21 A350 qu’elle compte dans sa flotte au motif de la dégradation des peintures et de l’érosion d’une couche de protection de l’appareil.

Airbus reconnaît l’existence de problèmes techniques sur le A350 mais réfute tout problème de sécurité, soutenu en cela par le régulateur européen.

L’Agence de sécurité de l’aviation de l’Union européenne (EASA), qui a autorité en matière de conception des avions mais ne délivre pas les autorisations de vol dans l’Union européenne, a indiqué n’avoir identifié aucun problème de sécurité sur les A350 qu’elle a inspectés.

Des documents consultés en novembre dernier par Reuters ont révélé qu’au moins cinq autres compagnies aériennes ont constaté une usure accélérée de la peinture de certains des appareils livrés par Airbus depuis 2016, mais aucune d’entre elles n’ont cloué durablement les appareils au sol.

Certains cadres du secteur aérien s’inquiètent que le litige sur l’A321neo puisse faire jurisprudence et ouvre ainsi la voie à des litiges qui se répercuteraient d’un contrat à l’autre, avec pour effet de renforcer la mainmise d’Airbus et de son concurrent américain Boeing (NYSE:BA).

(Reportage Tim Hepher; version française Jean Terzian)

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